L’histoire du PRP
Le PRP semble être une méthode moderne, mais son histoire remonte à plus de cinquante ans. Elle ne commence pas dans la médecine esthétique, mais au bloc opératoire.
Quand on associe aujourd’hui le PRP aux traitements esthétiques, on oublie facilement que la méthode vient d’un tout autre domaine. Ses racines se trouvent dans la médecine transfusionnelle, où les concentrés plaquettaires étaient utilisés il y a déjà plusieurs décennies pour traiter des états mettant la vie en danger.
Les grandes étapes en un coup d’œil
- Années 1970 Des racines dans la médecine transfusionnelle
Le PRP n’est pas né dans l’esthétique, mais dans la médecine transfusionnelle. Les concentrés plaquettaires sont utilisés pour compenser un manque de plaquettes sanguines.
- 1972 Les plaquettes comme colle tissulaire
Matras décrit l’utilisation des plaquettes comme moyen de favoriser la cicatrisation lors d’interventions chirurgicales.
- 1986 Protocoles de concentrés
Knighton et ses collègues décrivent pour la première fois des protocoles structurés pour les concentrés plaquettaires et forgent la notion de facteurs de cicatrisation d’origine plaquettaire propres à l’organisme.
- 1987 Utilisation en chirurgie cardiaque
Ferrari et ses collègues utilisent le plasma riche en plaquettes en chirurgie cardiaque comme source autologue afin de réduire les pertes sanguines pendant l’opération.
- 1997 Le terme PRP s’impose
Whitman et ses collègues introduisent le terme Platelet Rich Plasma dans la littérature scientifique. À partir de là, la méthode se diffuse dans d’autres spécialités.
- 1998 Percée en chirurgie maxillo-faciale
Un groupe de travail dirigé par Robert Marx introduit formellement le PRP pour améliorer la régénération osseuse. La méthode dépasse ainsi la médecine transfusionnelle et entre dans la médecine régénérative.
- 2006 Première étude sur la chute de cheveux
Une publication décrit pour la première fois l’utilisation du PRP dans la chute de cheveux héréditaire (alopécie androgénétique). Elle compare des zones traitées et non traitées et suscite un large débat entre spécialistes.
- à partir de 2010 Arrivée dans l’esthétique
Le PRP se diffuse dans le rajeunissement du visage, pour les ridules et en médecine capillaire. Parallèlement apparaissent des préparations plus élaborées comme l’ACP et le CGF.
De la médecine d’urgence à la régénération
La préhistoire plus large remonte aux débuts de la médecine transfusionnelle. Dès 1818, la première transfusion sanguine documentée d’un être humain à un autre a été réalisée, et au milieu du vingtième siècle, l’hématologie utilisait des concentrés plaquettaires pour compenser un manque de plaquettes sanguines. L’idée de travailler de manière ciblée avec la fraction du sang riche en plaquettes est donc nettement plus ancienne que son utilisation actuelle en esthétique.
Le fil conducteur de cette évolution est la prise de conscience que les plaquettes sanguines savent faire plus que coaguler. Elles contiennent des facteurs de croissance qui déclenchent des processus de cicatrisation. Ce qui servait d’abord à réduire les pertes sanguines et à refermer les plaies a peu à peu été envisagé comme un moyen de régénération tissulaire.
En médecine capillaire et dans le traitement de la peau, le PRP est donc un domaine d’application relativement récent d’une idée ancienne. Les procédés de préparation se sont affinés au fil des années, ce qui a conduit aux appellations courantes aujourd’hui comme ACP et CGF.
À lire aussi : Qu’est-ce que le PRP ? · PRP, ACP ou CGF ?
Sources
- Mościcka P. et al.: History of autologous platelet-rich plasma: A short review. Journal of Cosmetic Dermatology, 2021.
- The evolution of platelet-rich plasma: A 70-year-old history. Cosmoderma.
Sources scientifiques pour mise en contexte. Cet article a une vocation d’information générale et ne remplace pas un avis médical.
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